J'ai récupéré le premier PC de ma copine, un Toshiba mono-cœur de 2010, pour en faire une borne d'arcade en bois. Budget total : moins de 50 euros.
Je suis développeur depuis plus de 12 ans, et forcément, ça donne envie de mettre les mains dans le hardware de temps en temps. Après avoir acheté une imprimante 3D, j'ai enfin sauté le pas sur un projet que je voulais faire depuis des années : ma propre borne d'arcade.

Le point de départ : un cyberdeck abandonné
J'avais chez moi mon tout premier ordinateur, acheté quand je me suis lancé en freelance en 2017. Je l'avais démonté à l'époque pour en faire un cyberdeck, projet que j'avais fini par laisser tomber faute d'intérêt réel. Avec l'imprimante 3D sous la main, je me suis dit que c'était l'occasion de recycler l'idée en imprimant directement une borne d'arcade.

Je me suis un peu formé sur le sujet, et je me suis vite rendu compte que l'impression 3D n'était pas la bonne approche pour ce genre de structure. Changement de plan : une borne classique en bois, sans reprendre aucun modèle existant, en dessinant et découpant moi-même mon propre plan.
L'objectif était clair dès le départ : une borne qui ne coûte presque rien. J'avais des chutes de bois à la maison, du contreplaqué et du MDF, largement de quoi monter le caisson sans rien acheter de neuf.

Premier obstacle : la machine grille
Tout était découpé et tout était commandé. Au moment de rebrancher la machine d'origine, celle de 2017, à l'intérieur du caisson : plus rien. Carte mère probablement grillée pendant mes tests de soudure.

Je suis reparti sur un vieux Toshiba de 2010, le tout premier ordinateur de ma conjointe. Un AMD V140, en réalité un mono-cœur à 2,3 GHz de la gamme mobile Champlain, avec 4 Go de RAM et un SSD. Largement suffisant pour de l'émulation SNES et de l'arcade des années 90, qui ne demandent quasiment rien au CPU.
Tout le câblage, je l'ai fait moi-même, y compris le bouton d'alimentation externe : identification au multimètre, en mode continuité, des bonnes pastilles sur la carte reliée au connecteur JPOWER de la carte mère, puis soudure de mon propre interrupteur dessus. Un des trucs les plus satisfaisants du projet.

Deuxième obstacle : la distribution
Restait le choix du système. Batocera, la référence habituelle pour ce genre de machine, n'a tout simplement pas voulu démarrer dessus. RetroArch tout seul était beaucoup trop gourmand pour un mono-cœur.
J'ai fini par partir sur Lakka, plus minimaliste, qui tourne nickel sur cette configuration modeste. La borne n'a pas besoin de faire tourner les jeux les plus récents. Elle doit juste lancer rapidement des jeux SNES et des classiques d'arcade, et c'est exactement ce qu'elle fait.

Le bilan
Un Toshiba de 2010 recyclé en borne d'arcade sous Lakka, pour :
- moins de 20 euros de fournitures, principalement du bois de récupération ;
- environ 5 euros de peinture ;
- moins de 20 euros de pièces AliExpress, avec les interrupteurs, le joystick et les boutons.
Le reste, ce sont des outils que j'avais déjà, notamment une scie cloche pour percer les trous des boutons et du joystick. L'imprimante 3D, celle qui a lancé le projet, ne m'a finalement servi que pour les finitions, pas pour la structure elle-même. Ironique, mais c'est aussi ça, un side-project : partir d'une idée et finir ailleurs.
Pourquoi ce projet
Pas pour économiser de l'argent. Une borne d'arcade toute faite ne coûte pas forcément beaucoup plus cher une fois qu'on compte le temps passé. Le vrai intérêt, c'était de faire un truc de mes mains de bout en bout : dessiner mon plan, découper mon bois, souder mes propres boutons, dépanner une machine qui a quinze ans.
Le genre de projet où galérer sur la distribution ou griller une carte mère fait partie du plaisir, pas un accident de parcours.
Et surtout, ça fait revivre deux machines qui dormaient dans un placard. Le Toshiba de ma copine a quinze ans de plus qu'il y a un mois, et il tourne enfin pour quelque chose d'utile.
